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Couverture du roman Les Sables de Tamrah

Les Sables de Tamrah

La vie de Khamis, modeste livreur du désert, bascule lorsqu'une carte antique l'appelle par son nom au cœur des tempêtes de Tamrah. Accompagné d'une chamelle singulière et de mystérieux compagnons, il s'aventure parmi des ruines millénaires. Entre secrets enfouis et souvenirs persistants, le jeune homme explore des terres que le sable refuse d'effacer. Dans cette quête, il découvre que certaines voix anciennes n'attendent qu'un écho pour renaître.
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Chapitre 1

Le vent hurlait, charriant des vagues de sable qui griffaient le visage

de Khamis. Accroché à la crinière de Ghazala, sa chamelle cendrée, il

plissait les yeux face à la tempête. Les dunes de Tamrah s'étaient

levées contre lui, comme si le désert refusait sa mission : livrer trois jarres peintes à

Tissara, un village à deux jours de marche. Une mission simple pour n'importe quel

jeune de Siftel.

- C'est pas une vie, ça ! grogna-t-il, la voix étouffée par son turban. Une chamelle

grognon, des jarres en retard, et une tempête qui veut ma peau !

Ghazala, ses yeux dorés luisant sous la poussière, tourna la tête. Elle avait ce regard -

celui qu'on imagine chez un professeur désabusé qui enseigne la philosophie à des

enfants de cinq ans.

- T'avais dit qu'on passerait par le marché. Pas qu'on allait traverser les ruines. T'as

encore menti, petit moustique. Maintenant on se retrouve dans un tombeau de sable.

- Tu parles encore, toi ? Depuis quand les chamelles ont droit au dernier mot ?

Elle cracha. Pas à côté. En plein sur lui.

La boussole magique (achetée au souk à un vendeur louche) n'arrêtait pas de tourner

en rond.

Résultat ?

Perdus au beau milieu du désert.

Khamis s'arrêta, planta son bâton dans le sable, et chercha un abri. À travers le voile

ocre, une lueur verte scintilla : une oasis, à peine visible.

- Là-bas ! cria-t-il. On campe !

Ghazala renâcla.

- Une oasis dans une tempête ? Ça sent le djinn ou la bêtise.

Il ignora son sarcasme et força le pas. Sous un palmier tordu, il trouva un coffre délabré,

à moitié enfoui. Curieux, il l'ouvrit, révélant un rouleau de tissu ancien, noué d'un fil

d'or noirci. Ses doigts frôlèrent la toile, tiède, presque vivante.

- Qu'est-ce que...

Le tissu se déplia tout seul. Des lignes brillèrent, traçant des symboles étranges, des

dunes mouvantes, un cercle au nord. Une voix, grave et moqueuse, éclata dans l'air :

- Enfin ! Trois siècles d'attente pour un livreur maladroit ? Tu es l'élu, ou juste perdu ?

Khamis recula, le cœur battant. Ghazala grogna.

- Une carte qui parle ?

La Carte vibra, ses lignes pulsant comme un pouls.

- Pas une carte, mortel. La Carte. Vivante. Unique. Et toi, tu viens d'entrer dans une

histoire qui te dépasse. Vers le sud, où les étoiles murmurent des secrets que même le

désert a oubliés.

Khamis ouvrit la bouche, mais aucun mot n'en sortit. Ghazala s'exclama.

- Tu as encore fait une bêtise. Je le sens. Ça sent la catastrophe ancienne... et le sable

qui parle.

Le sable s'apaisa, mais un frisson traversa Khamis. Ce n'était plus une simple livraison.

Quelque chose d'immense venait de commencer.